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Apocalypse World

S2E1 - Pacifier, Assainir, Vénérer

Prologue

Niouk le Chien de Guerre est entré avec les honneurs au sein de l'armée de l'U.N, qui contrôle l'embouchure du vaste Delta d'Orin depuis un impénétrable bunker. Le Doc et Franky coulent une retraite méritée, l'un sur l'USS Motherfucker et l'autre en tant que chauffeur privé de l'U.N.

Les personnages ont découvert la vie du Delta et le formidable travail de pacification organisé par Banki, le secrétaire général, sur les peuplades vivant dans les marais alentours, les Deltonniens. Contrairement au climat polaire du Sud-Est auquel Niouk avait été habitué, le Delta et le Nord en général possèdent un climat tropical, voir carrément aride au Nord-Est. Une nouvelle saison commence, avec deux nouveaux personnages qui accompagneront le fidèle Niouk.

Tout d'abord l’Épouvantail, le jeune Céphale. Deltonnien ayant grandit parmi les miasmes du Marais, son village (Biargh) fut un des premier à être pacifié par l'armée U.N. dans le cadre du Plan PAV. Recueillit par Pok, un soldat de l'U.N, il fut instruis et élevé au sein du bunker, où ses pouvoirs psychiques et sa connaissance des marais lui firent gagner de nombreux galons et la nette sympathie de Banki en personne. Personnage antipathique d'apparence, son regard doux tranche avec ses durs traits Deltonniens et ses habits trop amples.

Walter est l'Arrangeur du Delta. Personnage public extrêmement droit, il est très attaché à l'accomplissement de sa principale mission de pacification de la région du Delta et travaille d'arrache-pied en tant que diplomate pour le compte de Banki. Ayant quitté son village natal de Sandburg dans les Platelles Rochoises suite à une catastrophe industrielle polluante, il erra un moment sur les routes, explorant la vaste Mégalopole en ruine au Nord de la région, d'où il rapporta un magnifique Wakizashi de l'Ancien Temps. Repéré par Banki, il participa à l'élaboration du Plan PAV pour la région du Delta et supervisa lui-même les premières pacifications, notamment celle de Biargh. Lors de cette mission, il fut sauvé par le sacrifice de Niouk qui faillit bien y passer. Il possède des contacts dans toutes les régions du Delta, et sur le plan matériel, il porte un long manteau de cuir et un chapeau de pèlerin.

Niouk est désormais un lieutenant émérite de l'U.N. et dirige un gang composé des meilleurs soldats de l'armée. Envoyé systématiquement sur toutes les missions de pacification, il pacifia le village de Biargh où il faillit mourir par la faute de Walter.

Pour commencer, Walter tente d'effectuer ses jobs et son obligation (défendre son honneur) et réussit avec succès. Son travail honnête de maintenance du stock de transistors de la base lui rapporte un troc, tout comme sa compagnie très appréciée auprès du Commandant Smith, de passage au port du Bunker, qui lui remet en retour un caisson de son alcool favori. Son obligation lui permet de garder la face, et sa réputation est plus brillante que jamais.

Banki

Les trois PJ se retrouvent à une audience de Banki. Ce dernier, un homme d'âge mûr à la propreté obsessionnelle et au léger accent saxon, les reçoit sur son trône sphéro-éléctronique d'acier. Après s'être enquis de la bonne santé de ses fidèles bras droits, il écoute patiemment les doléances de Walter, qui lui annonce un retard dans la livraison du matériel d'assainissement pour le village de Biargh. Il leur demande alors d'enquêter sur les raisons d'un tel retard et leur permet de disposer du fendeur aéroglissant pour rejoindre plus rapidement la caravane.

Welcome to the jungle

Les PJ s'embarquent à bord de l'embarcation pilotée par ce bon vieux Franky, avec trois des hommes du gang de Niouk (les 7 soldats restant les rejoindront par voie terrestre.) Au bout de quelques heures, ils atteignent la caravane en panne: un pont de bois s'est écroulé sous un des trois tracteurs du convoi avec tout son chargement. Les caravaniers menés par un certain Bill travaillent pour éviter que le chargement ne s'enfonce dans les boues du marais. Les PJ organisent le sauvetage du matériel, et le Céphale, plein de bonne volonté, tends un roseau à un caravanier coincé sous le tracteur, mais la branche abrite par hasard un reptile venimeux qui mord le malheureux. Niouk sort le Céphale de l'eau avant qu'il ne se fasse piquer par la Pourriture (un Sglif du Marais) et sous la panique engendré, le chargement s'enfonce plus avant dans les eaux troubles tout en penchant sérieusement sur la droite. Heureusement, Walter intervient et rétablit le calme parmi les troupes qui se remet au travail. On sauve le chargement et il est décidé d'arrimer le matériel restant sur l'aéroglisseur. En attendant, l’Épouvantail serine Bill sur l'enduit à appliquer sur les ponts en bois (il faut absolument l'enduire de sève de Gaobaï pour éviter qu'il ne pourrisse, bougre d'âne!) avant de s'apercevoir que le pont semble avoir été saboté par une couche de Lustucru, pâte naturel connue pour attirer les termites, judicieusement placée aux points les plus fragiles des poutres du pont. Bill avoue que touts les ponts traversés depuis le bunker ont cédé sous le poids des tracteurs, occasionnant ce retard si important. Intrigués, les PJ jurent de se débarrasser des coupables tandis que le Céphale manipule mentalement un des caravanier, Heu, afin qu'il recherche systématiquement les traces de termites sur les prochains ponts. Cela ne manque pas, et le prochain pont se révèle saboté de la même manière.

Le convois continu son périple sans encombre jusqu'à un ilot plus vaste que les autres, obligeant le fendeur chargé de matériel à contourner la terre par la droite et ainsi à s'éloigner du reste de la caravane. Les PJ, sentant les ennuis revenir, décident de suivre de loin l'embarcation. Alors que le Franky manœuvre près des berges, Niouk repère un tronc d'arbre au comportement suspect en plein milieu de la rivière: celui-ci fonce droit sur le fendeur. En y regardant de plus près, Walter distingue clairement une dizaine d'hommes en arme et treillis de camouflage ostensiblement à découvert sur la rive d'en face. Niouk passe à l'action et tire au lance-grenade sur le tronc d'arbre. Celui-ci explose et une jambe ensanglanté retombe aux pieds du Chien de Guerre. Les hommes sur la rive d'en face se jettent à couvert et commencent à faire feu: c'est une véritable pluie de balles et de roquettes qui s'abat sur le groupe. L’Épouvantail et l'Arrangeur courent se mettre à couvert: l'un se perd dans la brume quand au second, il prend deux balles dans l'épaule avant de détaler. Niouk se déplace avec ses 3 hommes pour attirer les tirs ennemis sur sa position plutôt que sur le chargement. Les assaillants concentrent alors le feu en un tir de barrage, coupant la route entre le Chien de Guerre et le fendeur. Cinq hommes se jettent à l'eau pour prendre d'assaut l'embarcation. Niouk somme deux de ses soldats d'exfiltrer Franky: les deux hommes se jettent dans l'enfer et un tombe immédiatement mort sous les balles. Le second parviens à rejoindre Franky, alors que l'ennemi s'empare du fendeur et commence à s'éloigner de la rive. Niouk se lève et tire au lance-grenade sur la rive d'en face. Les assaillants se replient enfin et la rencontre s'achève, mais le fendeur s'est éloigné à toute berzingue, perdant une partie du chargement dans les flots, définitivement aux mains de l'ennemi.

Le Céphale reprends ses esprits, et constate que sa fuite l'a conduit bien trop au Sud. Tournant les talons, il se heurte à un imposant militaire armé d'un AK-47. Celui-ci se présente comme le commandant de l'attaque du convoi. Il regrette que la rencontre ai tourné au massacre, n'ayant pas pour objectif de tuer mais seulement de s'emparer du chargement pour "la bonne cause". Comprenant que le Céphale fait parti de l'U.N, il lui propose de faire plus ample connaissance, mais ce dernier décline l'offre et lui tend la main en s'excusant. Le soldat lui rend son salut, mais au moment où son épiderme entre en contact avec les gants de violation du Céphale, le mystique pénètre son esprit et tente de lui faire lâcher son arme... peine perdue car l'homme résiste, malgré la douleur engendrée. Il décoche un violent coup de crosse dans la gueule de l’Épouvantail qui s'effondre, avant de disparaître en lui conseillant de soigner ses manières.

Walter retrouve son compagnon ainsi meurtrit sur la grève, le relève et le raccompagne à la caravane. Le voyage reprend son cours et bientôt Biargh, le village natal du Céphale, est en vue.

Biargh

C'est Mr. Faune qui accueille les PJ. Faune est un sémillant gros bonnet de l'U.N. au fort accent british. Regrettant la perte du chargement numéro 2 (le matériel nécessaire à la construction de sanitaires dignes de ce nom ainsi que sa ration habituelle de bibine), il invite néanmoins les PJ à se restaurer autour d'une bière de termite, met de choix dans ces marais infestés de bêtes visqueuses. Le village de Biargh est en fort mauvais état, tout comme sa population, maladive et déprimée par le travail forcé. L’Épouvantail regrette le temps où les villageois accueillaient l'étranger avec un air du banjo rituel, désormais sous scellé dans les malles de l'U.N. Après une courte visite au nouveau chef du village, Reblanc, les PJ vont prendre un repos bien mérité dans les hamacs de la cabane de Faune.

Alors que le Céphale peine à trouver le sommeil en repensant au ragout de Saloperie de Vase (Wiguza) que mangent les villageois, il est tiré de sa torpeur par une fillette qui le mène par la main dans une cabane où gît son frère. Le gamin, exténué de douleur, tiens son ventre ballonné qui se meut d'un mouvement surnaturel, comme abritant une créature en son sein. Alors que le Céphale se creuse la tête pour savoir à qui adresser le petit patient (les chamanes ayant été exterminés ou ayant pris la fuite lors de la pacification), le garçon décède. Son ventre convulse une dernière fois, avant d'éclater, frayant un passage à une créature insectoïde immonde et translucide. Alors qu'elle rampe sur le sol, l’Épouvantail attrape promptement un sceau et un petit à harpon à Saloperie et enferme la créature sous le réceptacle. Appelant Heu afin qu'il empêche la créature de s'échapper en s’asseyant sur le sceau, il tire tant bien que mal ses camarades du sommeil et rapporte une malle en fer. En transférant la créature dans son nouveau réceptacle, Heu est piqué à la main, ce qui ne laisse rien présager de bon.

Le lendemain, le groupe se remet en route après avoir supervisé avec Faune le début des travaux (un grenier) et après avoir posté les 7 soldats du gang de Niouk en faction au village. Même si l'état de Heu ne s'est pas dégradé, sa plaie à la main est tendue, laissant craindre que le parasite y a pondu ses œufs. Devant le cruel manque de professionnel de santé au village, Walter se porte volontaire pour inciser la plaie et curer l'infestation, tout en se jurant d'ajouter un plan santé au plan PAV. Attaché et sans anesthésie autre que les baffes de Niouk, la plaie de Heu est grossièrement grattée, ce qui a pour bénéfice certain de rassurer un peu les PJ, qui prennent alors le chemin du retour.

Major Refus

Alors que le groupe franchit le pont non-loin de l'endroit de l'embuscade d'hier, les PJ sont interpellés par un appel venu de l'autre rive, là où se tenaient leur ennemi. Prenant son courage à deux mains, Walter franchis le bras de rivière et tombe sur un des combattant venu à leur rencontre. Celui-ci viens en paix et organise une rencontre entre les PJ et le chef de la Junte, Refus. La Junte est une organisation paramilitaire de survivants venus du Nord du Delta. Repus explique avoir été envoyé par son maître (le Guide) afin de convaincre l'U.N. de leur venir en aide dans son combat contre les Kongs, féroces guerriers qui mènent la vie dure à la Junte mais également aux villages du Nord, peu à peu désertés de leurs habitants. Professionnel, Walter se charge d'organiser une négociation entre Banki et la Junte, et les PJ reprennent la route vers le bunker.

Banki ne voit pas d'un si bon œil l'arrivé de ces nouveaux protagonistes, et demande aux PJ de les maintenir loin du bunker en bouclier contre une éventuelle attaque des Kongs dont la Junte parle. Il somme également Walter de lui faire un rapport précis sur l'importance de cette menace venu du Nord, afin de vérifier les dires de Repus. Les PJ conduisent ensuite Heu à l'infirmerie afin de le placer en observation et rencontrent Newton, le médecin attitré du bunker. Ce dernier semble très intéressé par le cas de Heu, et semble très excité en apprenant que les PJ ont capturé l'animal responsable de son mal. Le médecin place Heu en chambre isolée et fais endormir la créature amenée par les PJ (au prix de la vie de l'étudiant numéro 11.) Le groupe décide ensuite de passer une nuit au bunker.

Le phénomène

Walter apprend que la frégate du Commandant Smith est arrimé au port de l'U.N, et décide de le rejoindre pour la soirée. Il retrouve son compagnon de bavardage qui l'invite à boire un verre de sa délicieuse liqueur avec un invité surprise... qui n'est d'autre que le Doc, venu visiter ses anciens camarades. Walter, qui cherche un toubib pour assainir le village de Biargh, tente de le recruter mais le Doc décline, consacrant tout son temps à la surveillance de la baie. Le Cmdt Smith leur apprend alors que des pirates s'attaquent de plus en hardiment aux bâtiments stationnés dans la baie, à bord de petites embarcations très rapides faisant fi des mines installées.

Alors que la soirée se termine et que les PJ regagnent leurs quartiers, un phénomène étrange se produit du côté des platelles rochoises: des lueurs ressemblant à des tirs laser jaillissent du sommet du massif. Alors que les tirs s'estompent, le Céphale expérimente une violente vision. La baie d'Orin, lisse et dure comme un miroir, reflète parfaitement le ciel étoilé et exceptionnellement dégagé de toute brume. L’Épouvantail sent alors sa raison vaciller alors qu'un gigantesque visage émerge de l'eau et plonge son regard dans le sien. Ce n'est autre qu'Abaddon, que le Céphale reconnait immédiatement son dieu et qui lui somme dans des termes vagues de "l'accoucher" ainsi que de participer à son "retour", avant de cligner une fois des yeux ce qui fait perdre l'équilibre à l’Épouvantail qui s'affale en délirant sur le pont du bunker. Passablement traumatisé, le Céphale fait de ce qu'il interprète comme "le Retour du Grand Seigneur Abatton" une grande cause nationale et mène rapidement l'enquête dans un des bars clandestin du bunker. Il rencontre ainsi Tum-Tum, un vétéran alcoolique, qui lui confie avoir participé à une mission secrète sur les platelles rochoises dans le but de soutirer aux scientifiques qui y vivent de l'armement high-tech utilisant la technologie du laser. Persuadé que ces scientifiques (d'un laboratoire portant les initiales BM) sont impliqués dans les phénomènes récents, le Céphale convainc ses camarades de l'escorter jusqu'aux platelles rochoises afin de tirer les choses au clair.

Le phénomène a intrigué le Commandant Smith, qui convie les PJ à venir inspecter les eaux de la baie à bord de la frégate. En effet, de nombreuses mines ont détonné suite au phénomène et il lui revient de faire un rapport à Banki. Le groupe s'embarque et prend la direction du large. Au bout d'un court moment, les matelots repèrent une énorme créature dérivant près du bâtiment. Repêchée, la chose se révèle être une créature des profondeurs aux multiples tentacules, surement sonnée par le phénomène de cette nuit. Le Céphale, fasciné par ce qu'il conçoit comme "un Messager du Grand Seigneur Abatton", s'approche un peu trop près et se fait happer par un tentacule de la chose, qui le marque de ses ventouses venimeuses sur le torse et une partie du visage. Niouk tranche promptement l'appendice de la bête et ordonne à ses hommes de faire feu, tuant la chose une bonne fois pour toute. Défiguré, le Céphale semble encore plus mystifié et sa raison semble flancher sérieusement. Sur le chemin du retour et après avoir estimé qu'un quart des mines de la baie manquaient sur le signal écho, la frégate est prise en chasse par une des frêle embarcation pirate dont parlait le Smith. Habitués à la manœuvre, les matelots coulent promptement l'esquif, tandis que le Commandant décrit aux PJ la menace que représenterait une attaque simultanée de tout les pirates réunis si le vaisseau-mère pirate dont on parle réussissait à liguer les forbans...

Trafique d'armes

Néanmoins, Walter et Niouk repoussent la visite des platelles rochoises et des pirates à plus tard et organisent la négociation entre Banki et la Junte, le temps que le Céphale récupère de ses émotions. Un chargement d'armes usées mais en état de marche est concédé par le secrétaire général de l'U.N, et le groupe se rend le jour J au point de rendez-vous dans les marais. Refus est content de poursuivre les négociations avec Walter, qu'il trouve sympathique, et accepte de protéger le village de Biargh avec son détachement le temps que l'Arrangeur enquête sur l'importance de la menace Kong. De plus, les armes dédaigneusement offertes par Banki sont en bien meilleur état que les armes rafistolées des guerriers de la Junte et le Major Refus semble content.

Le groupe accompagne la Junte jusqu'au village de Biargh où ils retrouvent les hommes du gang de Niouk postés en faction. Rien de nouveau n'est à signaler, mis à part un ou deux nouveaux cas "d'appendicite foudroyante", nom donné au mal qui explose les entrailles des enfants en les tuant sur le coup. Par précaution, Niouk inspecte ses hommes et repère parmi eux un soldat qui porte le parasite à la plante du pied. Walter décide de mettre à l'épreuve le Major Refus, qui lui a promis l'appuie des chamanes ayant rejoints la Junte. Le soldat Junkins est donc emmené discrètement dans la forêt auprès d'un arbre ancestral creux abritant 5 chamanes survivants des pacifications. Les chamanes communiquent par télépathie le prix de leur intervention (une offrande sous forme de fruits et de bière de termite) et pratiquent un rituel sur le blessé. Quelques temps après, alors que l'arbre vénéré lâche une flopée de fruits pourris sur les PJ annonçant la fin du rituel, le soldat Junkins sort sur ses deux jambes, la plaie nettoyée de tout parasite mal-venu. Pensant peut-être tenir là un remède au parasite, les PJ regagnent tranquillement le bunker afin de préparer l'expédition vers les platelles rochoises.

Les platelles rochoises

Les PJ empruntent ainsi un camion de l'armée, embarquent 10 hommes du gang de Niouk et foncent vers les platelles en prétextant auprès de Banki explorer les ruines de la Mégalopole au Nord-Est à la recherche de technologies de l'ancien temps. Banki leur fait confiance, mais demande en retour à ce qu'on lui ramène une paire de gant en cuir de chèfre. Roulant vers les platelles, le groupe longe la côte déchiquetée de l'Est et aperçoivent l'immense cimetière marin où rouillent les carcasses de centaines de navires et d'avions et repère de loin une intense activité humaine, qu'ils supposent être celle des pirates, mais continuent leur périple.

Arrivés au sommet de la platelle rochoise où se tiennent l'ancienne usine chimique ainsi que les ruines de Sandburg - le village natal de Walter - les PJ croisent la route d'un vieil ermite échevelé et à la barbe de plusieurs pieds. Ce n'est autre que Oncle Desséché, le vieil oncle excentrique de Walter, revenu aux platelles après de longues années d'errance. Oncle Desséché explique avoir trouvé à Sandburg la compagnie de deux scientifiques fort sympathiques qui lui ont appris à cultiver les champignons et à qui il rend visite régulièrement. Sans tarder, le vieil homme conduit les PJ à l'entrée de leur laboratoire, derrière l'usine chimique.

Accompagnés par Oncle Desséché, les PJ pénètrent sans encombres dans le laboratoire, qui se révèle extrêmement bien protégé par une double porte blindée et deux imposantes tourelles laser. Après avoir déposé les armes, ils sont reçus par Gordon F., un sympathique scientifique et effectivement ami de Oncle Desséché, qui les accueille volontiers au sein de son laboratoire, Black Mesa. Il explique que lui et son équipe (composé d'un seul autre membre, un dénommé Sage) travaillent d’arrache-pied à faire progresser la science. Interrogé timidement par les PJ, il admet effectuer des tirs laser vers le ciel à des fins de calcul de distance entre la terre et ses satellites. Devant l'air sceptique du groupe, il effectue devant leurs yeux un tir tout en leur expliquant la procédure. Tout en discutant avec Walter, Gordon reconnait en lui le neveu dont son ami Desséché lui a tant parlé, et décide de lui confier la mission de trouver un apprenti à qui confier les rennes de Black Mesa. Restant un peu sur sa faim mais passablement intimidé par la technologie et l'assurance dont fait preuve le scientifique, le groupe quitte le laboratoire sans en avoir appris beaucoup plus sur le phénomène de la veille et reprends la route en direction du Nord-Est, vers la Mégalopole.

La Mégalopole

La mégalopole était à l'époque où Walter l'avait visité, une cité en ruine envahie par le désert. Il y avait trouvé à l'époque son Wakizashi et quelques bibelots de l'ancien temps. Toutefois, l'Arrangeur constate que la cité est désormais infestée par une jungle dense au climat étouffant qui semble avoir gagné quelques kilomètres sur le désert. Avisant un ancien char d'assaut recouvert de mousse, le groupe descend du camion et l'inspecte, trouvant une réserve d'obus en bon état et un habitacle étanche ayant été préservé de l'assaut de la végétation. Le blindé semble avoir longuement pilonné un magnifique bâtiment avant d'avoir été abandonné: les PJ décident de l'investir afin de rechercher les éventuelles armes des défenseurs. Ils pénètrent ainsi ce qui semble être un musé de l'ancien temps retranché et à moitié effondré. Inspectant les étages, ils mettent effectivement la main sur un important stock d'armes de l'époque à l'abri dans leurs caisses ainsi qu'un magnifique lustre préservé de la mousse par on ne sait quel miracle. Alors que les hommes chargent la dernière caisse d'arme, Walter avise une vitrine ayant résisté aux combats et renfermant un superbe costume d'époque que vient compléter... une paire de gant en cuir de chèfre! L'Arrangeur, sentant son cœur s'accélérer en imaginant la satisfaction du secrétaire général des U.N. à la vue de ce magnifique présent, décide de prendre le risque de traverser cette partie très endommagée du bâtiment afin de récurer l'habit. Marchant précautionneusement sur le plancher délabré consolidé d'une échelle, Walter s'approche de la vitrine... avant que toute la partie du bâtiment ne s'effondre sous lui, l'engloutissant sous les décombres devant les yeux horrifiés de ses compagnons. Après de longues minutes de recherche sous les débris, les hommes de Niouk repèrent l'Arrangeur, inconscient et la jambe droite sectionnée au dessus du genoux. Par chance, le Céphale retrouve également les fameux gants en cuir, et le groupe rentre fissa au bunker dans l'espoir de sauver Walter.

L'Arrangeur est soigné par Newton aux frais de Banki, ravis de son nouvel habit fétiche, malgré le fait que le Céphale ne lui ai donné que le gant gauche. Estropié, il ne remarchera jamais sans l'aide d'une prothèse. Les PJ en profitent pour prendre des nouvelles de Heu, toujours en observation à l'infirmerie. Ce dernier se porte bien, et le parasite ne semble pas se développer aussi violemment que chez les enfants infectés du village. Les PJ prennent du repos.

Epilogue

Pour finir, alors que l’Épouvantail se balade sur le pont du bunker en pleine nuit, de nouveaux tirs laser sont effectués en direction de la voûte céleste depuis Black Mesa. Le phénomène de la baie se reproduit, l'eau se solidifie et de son centre s'élève une immense colonne d'eau qui s'incline avant de tirer à son tour un rayon lumineux. Le Céphale ne tarde pas à ressentir à nouveau une sensation étrange au bout des doigts et à être assaillit par les violentes visions d'Abaddon. Ce dernier, plus impressionnant que jamais, semble irrité que son serviteur n'ai pas plus avancé dans sa quête divine. Il évoque à nouveau avec fermeté le désir d'être "accouché" et le somme de suivre "les signes à l'origine" de son "retour" pour mieux le servir. Alors que la vision s'estompe et que la colonne d'eau s'effondre avec fracas, mettant en état d'alerte tout le secteur, le Céphale flanche et s'affale de tout son long.